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Immobilier FES

Bail mobilité ou bail meublé : quel contrat pour loger un étudiant ?

Bail mobilité ou bail meublé : quel contrat pour loger un étudiant ?

Pour une location de un à dix mois (semestre, mission temporaire, formation), le bail mobilité, sans dépôt de garantie, convient au locataire ; pour une année universitaire, le contrat meublé de neuf mois ou d'un an protège mieux le logement et le loyer du bailleur. Entre bail mobilité et meublé, la durée tranche.

Bail mobilité : de 1 à 10 mois, sans dépôt de garantie, non renouvelable, réservé aux étudiants, stagiaires, apprentis, volontaires et salariés en mission ou en mutation. Le locataire part avec un mois de préavis, le propriétaire récupère son logement à l'échéance sans congé.

Bail meublé classique : un an reconduit chaque année, ou neuf mois sans reconduction pour un étudiant, dépôt de garantie plafonné à deux mois de loyer hors charges, congé du bailleur possible à l'échéance seulement, pour vendre, reprendre ou sanctionner une faute.

Bail mobilité ou meublé classique : le comparatif critère par critère

Le bail mobilité et le bail meublé classique louent tous deux un logement meublé, mais la loi du 6 juillet 1989 les range dans deux titres distincts : le titre Ier bis pour la location meublée de résidence principale, le titre Ier ter pour le bail mobilité, créé par la loi Elan de novembre 2018. Les deux contrats partagent le même socle (logement décent, mobilier minimum, état des lieux, inventaire), mais tout le reste diffère : durée, garantie, sortie, charges. Le tableau compare les critères qui pèsent vraiment sur la décision d'un investisseur immobilier qui loue à un étudiant, face aux deux contrats possibles.

CritèreBail mobilitéBail meublé étudiantBail meublé classique
Durée1 à 10 mois9 mois1 an minimum
ReconductionAucune, un seul avenant dans la limite de 10 moisAucuneTacite, pour un an
Locataires admisÉtudes supérieures, stage, apprentissage, formation, service civique, mutation, mission temporaireÉtudiantTout public
Dépôt de garantieInterdit2 mois de loyer hors charges au plus2 mois de loyer hors charges au plus
ChargesForfait obligatoireProvisions, réel ou forfaitProvisions, réel ou forfait
Préavis du locataire1 mois1 mois1 mois
Congé du bailleurInutile à l'échéance ; avant, seulement par le juge pour fauteInutile, le bail s'arrête au terme3 mois avant l'échéance, pour vente, reprise ou motif légitime
Révision du loyerInterdite en cours de bailPossible si une clause la prévoitPossible si une clause la prévoit
Colocation solidaireClause de solidarité interditeAutoriséeAutorisée

La lecture du tableau donne déjà le verdict : le bail mobilité sert les séjours courts et datés, le meublé sert l'année universitaire et au-delà. Entre les deux, le bail meublé étudiant de neuf mois couvre exactement une année scolaire, avec un dépôt de garantie et une sortie programmée, ce que le bail mobilité ne permet pas au-delà de dix mois. Pour un investisseur, la question revient donc à savoir combien de temps l'étudiant reste, et si le logement doit tourner vite ou au contraire garder le même occupant plusieurs années, ce qui rejoint les trois clés d'un investissement locatif mené à bien : la cible, l'emplacement et la gestion.

Comment fonctionne le bail mobilité ?

Le bail mobilité est un contrat de location meublée de courte durée, conclu pour 1 à 10 mois, réservé à un locataire qui justifie d'une situation de mobilité à la date de prise d'effet. Il s'appuie sur les articles 25-12 à 25-18 de la loi de 1989 et vise un besoin précis : loger une personne pendant une formation, un stage ou une mission, sans lui imposer un engagement d'un an ni un dépôt de garantie. Le propriétaire, de son côté, sait à quelle date il récupère le logement.

Quels types de locataires peuvent utiliser le bail mobilité ?

Le bail mobilité s'adresse à sept profils, fixés par l'article 25-12 : la personne en formation professionnelle, l'étudiant en études supérieures, l'apprenti sous contrat d'apprentissage, le stagiaire, le volontaire en engagement de service civique, le salarié en mutation professionnelle et la personne en mission temporaire dans le cadre de son activité professionnelle. Le locataire doit justifier sa situation par un document : certificat de scolarité, convention de stage, contrat d'apprentissage, contrat de mission ou lettre de mutation. Un lycéen, un retraité qui passe quelques mois en ville ou une personne qui cherche simplement un toit en attendant un achat ne remplissent pas les conditions.

Le logement, lui, doit être meublé et décent. Il peut s'agir de la résidence principale du bailleur, louée pendant ses absences, d'après l'ANIL. Les logements-foyers et les logements sociaux sont exclus du dispositif.

Quelle est la durée d'un bail mobilité ?

La durée d'un bail mobilité va de 1 mois au minimum à 10 mois au maximum, fixée librement par les parties dans le contrat. Le bail n'est ni renouvelable ni reconductible : à son échéance, il prend fin sans formalité. Les parties peuvent toutefois modifier une seule fois la durée par avenant, à condition que la durée totale ne dépasse pas 10 mois. Un stagiaire qui signe pour quatre mois puis voit son stage prolongé de deux mois signe donc un avenant pour une durée totale de six mois ; un second avenant reste impossible.

Une évolution est annoncée : l'article 15 de la loi n° 2025-1129 du 26 novembre 2025 porte la durée de une semaine à 18 mois pour les résidences à vocation d'emploi, mais la règle attend un décret d'application, selon la fiche de service-public consultée en octobre 2026. Pour un logement ordinaire loué à un étudiant, la durée maximale reste de 10 mois.

Les mentions sans lesquelles le contrat ne vaut pas bail mobilité

Un bail mobilité se conclut par écrit, avec des mentions précises : identité et adresse des parties, date de prise d'effet, durée, motif qui justifie le recours au bail mobilité, surface habitable, équipements, montant du loyer et modalités de paiement, dernier loyer du précédent locataire s'il a quitté les lieux depuis moins de 18 mois, nature des travaux réalisés depuis le dernier bail. Le contrat doit aussi reprendre une phrase exacte indiquant qu'il s'agit d'un bail mobilité régi par le titre Ier ter de la loi de 1989. Sans durée, sans motif ou sans cette phrase, le régime du bail mobilité ne s'applique pas : le propriétaire perd alors les règles propres à ce contrat, à commencer par la sortie automatique à l'échéance.

Le bail meublé classique et sa version étudiante de neuf mois

Le bail meublé classique est le contrat de droit commun de la location meublée de résidence principale : il dure au moins un an et se reconduit tacitement d'année en année tant que personne ne donne congé. Il convient à tout locataire, étudiant ou non, et sert de référence à la plupart des investisseurs en location meublée non professionnelle (LMNP). Depuis le 1er août 2015, ces baux suivent un contrat type fixé par décret.

La loi prévoit une variante pour l'étudiant : un bail meublé de neuf mois, sans tacite reconduction. Cette durée colle au calendrier universitaire, de septembre à juin. À l'échéance, le bail s'arrête de lui-même ; si l'étudiant reste, les parties signent un nouveau bail. Le propriétaire peut ainsi relouer l'été en location de courte durée, puis retrouver un étudiant à la rentrée suivante. Rien n'oblige toutefois à choisir les neuf mois : un étudiant peut tout à fait signer un bail meublé d'un an, et c'est souvent le cas quand il compte rester plusieurs années dans la même ville.

Le meublé classique offre au bailleur des outils absents du bail mobilité : un dépôt de garantie, la possibilité de réviser le loyer chaque année si une clause le prévoit, un choix entre provisions sur charges et forfait, et une clause de solidarité en colocation. Il protège aussi davantage le locataire, qui ne peut perdre son logement qu'à l'échéance et pour un motif encadré par la loi.

Le mobilier exigé dans les deux baux

Le mobilier minimum est le même pour le bail mobilité et le bail meublé : literie avec couette ou couverture, volets ou rideaux dans les pièces destinées au sommeil, plaques de cuisson, four ou micro-ondes, réfrigérateur avec compartiment congélation, vaisselle et ustensiles de cuisine, table et sièges, étagères de rangement, luminaires et matériel d'entretien ménager adapté. Un inventaire et un état détaillé du mobilier, signés à l'entrée et à la sortie, sont joints au bail sans frais pour le locataire. Un équipement manquant fait perdre au logement sa qualité de meublé, et avec elle le régime du bail choisi.

Dépôt de garantie, caution et Visale : ce que chaque bail permet d'exiger

Le dépôt de garantie est la première différence concrète entre un bail mobilité et un bail meublé. Dans un bail meublé, le propriétaire peut demander jusqu'à deux mois de loyer hors charges ; il le rend sous deux mois après la remise des clés, ou sous un mois si l'état des lieux de sortie est conforme à celui d'entrée, avec une majoration de 10 % du loyer mensuel par mois de retard. Dans un bail mobilité, l'article 25-17 interdit purement et simplement le dépôt de garantie : aucune somme ne peut être retenue à l'entrée.

Cette interdiction pèse sur le calcul du risque. Sans dépôt, une dégradation du mobilier ou un dernier mois impayé se récupère directement auprès du locataire ou de sa caution, ce qui prend du temps. Le propriétaire compense par deux leviers que la loi laisse ouverts :

  • la caution personnelle : un parent ou un proche s'engage par écrit à payer les loyers, charges et réparations locatives en cas d'impayé ; le bailleur peut l'exiger dans les deux baux ;
  • la garantie Visale : ce service gratuit d'Action Logement se porte garant des loyers et des dégradations locatives ; il couvre le bail mobilité et s'ouvre aux étudiants, ce qui en fait l'outil le plus utilisé pour ce type de bail ;
  • l'assurance du locataire : le locataire doit assurer au minimum les risques locatifs (incendie, explosion, dégât des eaux) ; à défaut, le bailleur peut résilier le bail ou souscrire l'assurance aux frais du locataire.

En colocation, la différence se creuse : le bail meublé admet une clause de solidarité entre colocataires et leurs cautions, alors que le bail mobilité l'interdit. Chaque colocataire ne répond que de sa propre part, ce qui fragilise la colocation étudiante en bail mobilité si l'un des occupants cesse de payer.

Visale a un autre atout : la demande se fait en ligne par le locataire, qui transmet ensuite un visa au propriétaire. Le bailleur vérifie le visa avant la signature, puis déclare un éventuel impayé auprès d'Action Logement, qui indemnise et se retourne ensuite vers le locataire. Pour un étudiant sans garant familial, c'est souvent la seule façon de répondre aux exigences d'un propriétaire.

Préavis, congé et fin de bail : qui peut partir, et quand ?

Le préavis du locataire est identique dans les deux baux : un mois, à tout moment, par lettre recommandée avec avis de réception, par acte de commissaire de justice ou par remise en main propre contre récépissé. Un simple courriel ne vaut pas congé. Le délai court à compter de la réception ; le loyer et les charges restent dus jusqu'à la fin du préavis, sauf si un nouveau locataire entre avec l'accord du bailleur. Pour l'étudiant qui termine un semestre plus tôt que prévu, la souplesse est donc la même, qu'il ait signé un bail mobilité ou un bail meublé.

Le congé du bailleur, en revanche, n'obéit pas du tout aux mêmes règles :

  • en bail meublé classique, le propriétaire ne peut donner congé qu'à l'échéance, avec un préavis de trois mois, et pour l'un de trois motifs : vente du logement, reprise pour lui-même ou un proche, ou motif légitime et sérieux, comme des impayés répétés ; certains locataires âgés ou modestes bénéficient d'une protection supplémentaire ;
  • en bail meublé étudiant de neuf mois, le bail s'éteint seul au terme, sans congé à délivrer ;
  • en bail mobilité, aucun congé n'est nécessaire à l'échéance ; avant le terme, le bailleur ne peut mettre fin au bail qu'en saisissant le juge pour un manquement du locataire.

Cette asymétrie explique l'intérêt du bail mobilité pour un propriétaire qui veut récupérer son bien à une date fixe, par exemple pour l'habiter lui-même à son retour d'expatriation ou pour le vendre. Un congé de bailleur mal motivé, en meublé classique, peut au contraire être annulé par le juge, et un congé frauduleux expose à une amende pouvant atteindre 6 000 euros, selon l'ANIL.

Rester après un bail mobilité : avenant ou nouveau bail

À la fin d'un bail mobilité, trois issues existent. Le locataire part, et l'état des lieux de sortie clôt la location. Le bailleur reprend le logement sans formalité. Ou le locataire souhaite rester : les parties signent soit un avenant, si la durée totale reste sous 10 mois et qu'aucun avenant n'a déjà prolongé le contrat, soit un nouveau bail. Ce nouveau contrat ne peut pas être un second bail mobilité : la loi impose un bail meublé de droit commun, d'un an, reconduit tacitement. Un propriétaire qui enchaîne les baux mobilité avec le même occupant s'expose donc à voir la relation requalifiée.

Bail mobilité étudiant : stage court, Erasmus, prolongation et colocation

Les questions qui suivent reviennent dans les échanges entre étudiants et propriétaires, et tranchent les cas où la frontière entre les deux contrats paraît floue.

Un étudiant étranger en échange Erasmus peut-il signer un bail mobilité ?

Oui, l'étudiant en échange qui suit un semestre dans un établissement d'enseignement supérieur français entre dans la catégorie des études supérieures. Il justifie sa situation par l'attestation d'inscription ou le contrat d'études de l'université d'accueil. Pour un semestre de cinq mois, le bail mobilité convient mieux qu'un bail meublé de neuf mois.

Peut-on prolonger un bail mobilité au-delà de dix mois ?

Non, un bail mobilité ne dépasse jamais 10 mois, avenant compris. Si l'étudiant reste plus longtemps, les parties signent un bail meublé classique d'un an, et le propriétaire peut alors demander un dépôt de garantie dans la limite de deux mois de loyer hors charges.

Un bail mobilité convient-il à une colocation d'étudiants ?

Oui, un bail mobilité peut loger des colocataires, avec un contrat unique signé par tous ou un bail par colocataire. La clause de solidarité reste interdite : chaque étudiant ne paie que sa part, et son garant ne couvre que lui. Pour une colocation longue, le bail meublé avec clause de solidarité protège mieux le propriétaire.

Le propriétaire peut-il refuser le bail mobilité et imposer un meublé classique ?

Oui, le choix du contrat appartient aux deux parties et aucun texte n'oblige un bailleur à proposer un bail mobilité. Le bail mobilité reste une option ouverte, pas un droit du locataire.

Loyer, charges et encadrement : les règles qui changent le montant payé

Le loyer d'un bail mobilité se fixe librement, sauf dans les communes soumises à l'encadrement des loyers ou classées en zone tendue, exactement comme en bail meublé. Dans les villes à encadrement (Paris, Lyon, Villeurbanne, Lille, Bordeaux, Montpellier, Est Ensemble, Plaine Commune, une partie de Grenoble-Alpes Métropole et du Pays basque, selon service-public), le loyer respecte des loyers de référence minorés et majorés propres à la location meublée. En zone tendue, l'évolution du loyer entre deux locataires reste également encadrée. Le bail mobilité n'offre donc aucun moyen de contourner l'encadrement des loyers.

Deux règles financières distinguent pourtant les deux contrats :

  • la révision : le loyer d'un bail mobilité ne peut pas être révisé en cours de bail, alors qu'un bail meublé peut prévoir une révision annuelle selon l'indice de référence des loyers (IRL) ;
  • les charges : le bail mobilité impose un forfait de charges, versé avec le loyer, dont le montant et la périodicité figurent au contrat et ne doivent pas être manifestement disproportionnés par rapport au dernier décompte ; le bail meublé laisse le choix entre provisions avec régularisation annuelle, charges au réel et forfait.

Le forfait simplifie la gestion d'une location de courte durée : aucune régularisation à calculer au départ de l'étudiant, aucun litige sur un relevé d'eau. Il oblige en revanche le propriétaire à bien estimer les dépenses, car il ne peut pas réclamer un complément si la consommation dépasse le forfait. Lorsque l'immeuble dispose de compteurs individuels, le bailleur transmet aussi chaque mois les données de consommation de chaleur, de froid et d'eau chaude.

Côté aides, l'étudiant locataire peut demander une aide au logement de la CAF dans les deux cas, dès lors que le logement constitue sa résidence principale et répond aux normes de décence : le type de bail ne change rien à l'ouverture du droit.

Quel bail choisir selon le profil de l'étudiant ?

Le choix entre bail mobilité et bail meublé se fait d'abord sur la durée réelle du séjour, ensuite sur le besoin de garantie. Les profils ci-dessous couvrent l'essentiel des situations rencontrées par un propriétaire qui loue à des étudiants.

Stage de deux à six mois

Pour un stage de fin d'études ou une mission courte, le bail mobilité est le contrat naturel : la convention de stage justifie le motif, la durée colle au stage, et l'absence de dépôt de garantie facilite l'arrivée d'un stagiaire qui paie souvent encore un autre loyer ailleurs. Prenons un exemple : un étudiant en master signe pour un stage de cinq mois, de février à juin. Un bail mobilité de cinq mois le loge sans engagement superflu ; un bail meublé d'un an l'obligerait à donner congé et à payer un mois de préavis.

Semestre d'échange ou formation courte

Un semestre universitaire, une formation professionnelle de quelques mois ou un service civique de six à huit mois relèvent aussi du bail mobilité. Le propriétaire récupère le logement à date fixe, ce qui lui permet d'enchaîner deux semestres avec deux étudiants différents, chacun sous son propre bail.

Année universitaire complète

Pour une année de septembre à juin, le bail meublé étudiant de neuf mois est le plus adapté : il couvre l'année, autorise un dépôt de garantie et s'arrête seul en juin. Le bail mobilité de dix mois reste possible, mais il prive le bailleur de dépôt et ne laisse aucune marge pour une prolongation, puisque tout séjour supplémentaire bascule vers un nouveau bail meublé classique.

Cursus de plusieurs années ou alternance longue

Un étudiant qui entre en licence ou un alternant en contrat d'apprentissage de deux ans a besoin de stabilité. Le bail meublé classique d'un an, reconduit tacitement, lui évite de signer un nouveau contrat chaque été et assure au propriétaire un loyer régulier, une vacance locative réduite et un locataire qui connaît le logement.

Les pièges propres à chaque contrat

Le bail mobilité expose le propriétaire à quatre erreurs fréquentes, relevées dans les fiches de l'ANIL et de service-public. La première consiste à le proposer à un locataire qui ne remplit aucune des conditions : le contrat perd alors son régime et le bailleur ne maîtrise plus la date de sortie. La deuxième tient à l'oubli des mentions obligatoires, avec le même effet. La troisième consiste à réclamer un dépôt de garantie, interdit et à restituer. La quatrième tient à l'enchaînement des contrats courts avec le même occupant, alors que la loi impose un bail de droit commun après un bail mobilité.

Le bail meublé classique a ses propres risques. Le bailleur qui veut récupérer le logement doit respecter l'échéance et le préavis de trois mois, faute de quoi le bail se reconduit pour un an. Un dépôt de garantie restitué en retard coûte une majoration. Une liste de mobilier incomplète peut aussi faire requalifier le contrat en location nue, avec une durée de trois ans et des règles de congé plus strictes. Pour un propriétaire qui gère à distance, déléguer à un gestionnaire limite ces erreurs ; reste à trancher entre agence en ligne ou traditionnelle selon le volume de baux et le temps disponible.

Côté locataire, le bail mobilité a une limite : aucune protection contre la fin du contrat. L'étudiant dont le stage se prolonge au-delà de dix mois doit négocier un nouveau bail, que le propriétaire peut refuser. Le bail meublé, avec sa reconduction tacite, protège mieux un étudiant qui ne sait pas encore combien de temps il restera.

Côté propriétaire : rentabilité, vacance locative et fiscalité

Pour l'investisseur, le choix du bail pèse sur le taux d'occupation. Le bail mobilité permet de remplir les périodes creuses de l'année universitaire (janvier, été) avec des stagiaires, des alternants ou des salariés en mission, mais il multiplie les entrées, les états des lieux et le ménage entre deux locataires. Le meublé de neuf mois laisse l'été libre, ce qui ouvre une location saisonnière, à condition de respecter les règles locales sur les meublés de tourisme. Le meublé d'un an supprime presque la vacance locative, au prix d'une moindre souplesse.

Sur le plan fiscal, les deux baux relèvent de la location meublée : les loyers entrent dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), au régime micro-BIC ou au régime réel, qui autorise l'amortissement du bien et du mobilier. Le type de contrat ne change pas ce régime ; les seuils et abattements, revus par les lois de finances récentes, se vérifient chaque année sur impots.gouv.fr avant la déclaration. Un propriétaire qui réfléchit à ses revenus passifs gagne à comparer les deux formules sur une année entière, en intégrant le temps de gestion.

LMNP : la déclaration des loyers ne dépend pas du type de bail

La fiscalité LMNP s'applique de la même façon aux loyers d'un bail mobilité et à ceux d'un bail meublé classique, puisque l'administration fiscale regarde la nature meublée de la location et non la forme du contrat. Le loueur en meublé non professionnel déclare ses recettes en BIC sur la déclaration complémentaire de revenus : au micro-BIC, un abattement forfaitaire couvre les charges ; au régime réel, il déduit les charges effectives (intérêts du prêt immobilier, travaux d'entretien, assurance, taxe foncière, frais de gestion) et amortit le bien et le mobilier. Le statut de loueur professionnel (LMP) répond à d'autres critères, liés au niveau des recettes et à leur poids face aux autres revenus du foyer.

Le comparatif fiscal entre micro-BIC et réel se refait chaque année : les lois de finances récentes ont modifié les abattements et la prise en compte des amortissements à la revente, et la règle applicable se lit sur le site impots.gouv.fr au moment de la déclaration. Un investisseur qui veut acheter un studio pour le louer à des étudiants intègre ce point dès l'achat, car le choix du régime réel suppose une comptabilité BIC tenue avec rigueur, souvent confiée à un expert-comptable ou à un centre de gestion. La fiscalité de la location meublée ne crée aucune différence entre les deux contrats ; le bail mobilité modifie seulement le rythme des recettes et la vacance locative.

Une gestion intensive de courte durée rapproche le bail mobilité de la location touristique par son rythme, même si le cadre juridique diffère. Les propriétaires qui manquent de temps délèguent souvent cette rotation, comme ceux qui choisissent de louer leur appartement sur Airbnb malgré un emploi du temps chargé ; le ménage, l'accueil et l'inventaire reviennent alors à un prestataire.

Signer le bail : documents, diagnostics et état des lieux

La signature d'un bail mobilité ou d'un bail meublé suit la même mécanique, avec un contrat écrit et des annexes remises au locataire. Le dossier de diagnostics techniques comprend le diagnostic de performance énergétique (DPE), le constat de risque d'exposition au plomb pour les immeubles anciens, l'état des risques, et selon les cas les diagnostics électricité et gaz. L'état des lieux d'entrée et l'inventaire du mobilier se signent au moment de la remise des clés. En copropriété, le locataire reçoit aussi les extraits du règlement qui concernent la jouissance et l'usage des parties privatives et communes.

Pour le bail mobilité, le propriétaire ajoute le justificatif de la situation du locataire : certificat de scolarité, convention de stage, contrat d'apprentissage, attestation de service civique, lettre de mutation ou contrat de mission. Ce document prouve le motif inscrit au contrat et protège le bailleur en cas de contestation. Pour un étudiant étranger, la recherche d'un garant passe souvent par Visale, dont le visa se joint au dossier.

Une fois le bail signé, le bailleur remet la quittance gratuitement si le locataire la demande. Les clauses interdites restent nulles dans les deux contrats : imposer un assureur, des frais de relance, le prélèvement automatique, des pénalités, ou interdire d'héberger un proche. Le bail type publié par décret évite la plupart de ces écueils.

Le modèle de bail meublé reprend le contenu du contrat type de 2015 ; pour le bail mobilité, aucun modèle officiel n'existe, et le contenu se construit à partir de la liste des mentions de l'article 25-13. Le site de l'ANIL et celui de service-public détaillent ces mentions, avec un modèle de lettre de congé pour le locataire. Une lettre de congé reprend la date de réception, l'adresse du logement et la date de départ ; le locataire l'envoie en recommandé et garde la preuve d'envoi. Face à un désaccord sur l'état des lieux ou sur une résiliation, la commission départementale de conciliation intervient gratuitement avant toute démarche en justice, et l'ADIL du département répond aux questions des deux parties sur la location à usage d'habitation, qu'il s'agisse d'un étudiant ou d'un professionnel en mission.

Le bail mobilité ou meublé se choisit donc avant la signature, au vu du calendrier de l'étudiant : moins de dix mois et un motif justifié orientent vers le bail mobilité, une année universitaire vers le meublé de neuf mois, un cursus long vers le meublé d'un an.

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